Le fondateur de SpaceX, Elon Musk, s’est récemment retrouvé au cœur d’une vive polémique avec Ryanair après que la compagnie aérienne low cost a décidé de ne pas installer le système de connectivité satellite Starlink sur sa flotte. Ce qui n’aurait pu être qu’un simple désaccord technique est rapidement devenu un échange de critiques piquantes entre deux dirigeants connus pour ne pas mâcher leurs mots.

Tout a commencé à la mi-janvier, lorsque Michael O’Leary, le PDG de Ryanair, a expliqué que la connectivité en vol proposée par Starlink n’était pas viable pour sa compagnie. O’Leary a évoqué une “pénalité carburant de 2 %” liée au poids et à la traînée supplémentaires induits par l’installation du matériel nécessaire. Selon lui, ces coûts ne pourraient pas être absorbés, d’autant plus que les passagers de Ryanair ne seraient pas prêts à payer pour ce service.
Elon Musk n’a pas tardé à répondre. Sur sa plateforme X, il a qualifié O’Leary de “mal informé”. Michael Nicolls, vice-président de l’ingénierie chez Starlink, est allé dans le même sens en précisant que les analyses internes de l’entreprise montrent une pénalité carburant bien plus faible — autour de 0,3 % pour un Boeing 737-800.

À ce stade, l’échange restait relativement technique, mais la situation a pris une tournure plus personnelle après une interview d’O’Leary accordée à la radio. Dans cet entretien, le patron de Ryanair a déclaré qu’il ne prêterait “absolument aucune attention à Elon Musk”, le qualifiant de “très riche, mais toujours idiot”. Il a poursuivi en assurant que Musk “ne connaît rien aux avions et à la traînée”, et justifiant le refus d’installer Starlink par des coûts annuels importants, estimés entre 200 et 250 millions de dollars, soit environ un dollar de plus par passager transporté. Pour O’Leary, faire payer le Wi-Fi obligerait les passagers à renoncer à ce service, car ils “ne paieraient pas 1 € pour se connecter”.
Il est allé encore plus loin en critiquant ouvertement Musk : “Honnêtement, je ne prêterais aucune attention à quoi que ce soit qu’Elon Musk publie sur ce cloaque qu’il appelle X. C’est le type qui a soutenu l’élection de Donald Trump.”
Musk a immédiatement répliqué sur X, traitant O’Leary “d’idiot complet” et affirmant qu’il devrait être licencié. Il a même plaisanté sur le fait de racheter Ryanair pour le renvoyer lui-même. Le compte X de Ryanair, connu pour son ton provocateur, est également entré dans la danse en se moquant de Musk à propos d’une panne majeure de la plateforme aux États-Unis. Musk a ensuite répondu en demandant s’il devrait racheter Ryanair et installer à sa tête quelqu’un qui s’appelle réellement Ryan.
Derrière ces échanges acérés se cache toutefois un vrai débat sur l’avenir de la connectivité en vol. Historiquement, certaines compagnies aériennes ont compensé les pertes de performance liées au Wi-Fi en faisant payer les passagers. Mais aujourd’hui, de plus en plus de transporteurs proposent la connexion gratuitement, la considérant comme un service désormais essentiel pour les voyageurs. Musk a souligné que Ryanair pourrait perdre des clients si ses concurrents offrent un service que les passagers trouvent important.
De son côté, Ryanair opère majoritairement des vols intra-européens de courte durée, souvent entre deux et trois heures, et sur de nombreuses routes sans réelle concurrence. En tant que transporteur ultra low cost, l’idée de facturer l’accès au Wi-Fi comme option payante s’inscrivait dans sa stratégie de tarification. Mais, pour O’Leary, même un léger surcoût suffit généralement à dissuader les passagers d’utiliser ce service.
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